Michel Subrenat –Auger nous a quittés.

 Nos plus anciens lecteurs s'en souviennent assurément, Michel Subrenat –Auger, était un collaborateur très régulier de Loco-Revue. Il assurait la communication de notre magazine dans les années 1980 et outre cette compétence, était un excellent modélisme comme en témoignent certains de ces articles qui font toujours référence. Jean-Louis Audigué, fidèle ami, nous en parle :

"Je le connaissais depuis 45 ans, depuis le jour ou Président de la FFMF lors de l’inauguration du local du club de l’AMFELACF, le club de Chartres, nous nous étions rencontrés. A l’époque j’allais fréquemment pour mon travail à Etampes et Michel habitait non loin à Gaudreville, j’ai pris rendez-vous avec lui un soir après le boulot et, j’ai découvert à côté de l‘atelier graphique qui était dans sa maison, et au détour d’un escalier en colimaçon, son «dépôt Nord» qui m’a immédiatement impressionné, par la qualité de la réalisation, et pourtant selon lui, il ne s’intéressait aux trains que depuis quelques années.Comme il était déjà tard il a fait une omelette et nous avons devisé longuement ce soir-là. Nous constations l’un et l’autre qu’il fallait faire sortir le train miniature de la notion de jouet pour enfant présenté souvent un peu attardé « Vous jouez aux trains !» à celle de la création, de la mise en scène. C’était les premiers pas du modélisme d’atmosphère. Je lui avais proposé de nous rejoindre à la FFMF pour y mettre à profit ses talents de graphiste et ses idées. Il y est venu, il a créé la jaquette de Plaque Tournante le bulletin de la Fédé, imaginé les cahiers des normes modulaires, crée le diplôme des Modèles de l’année, et participé aux expos du CNIT en nous apportant son expertise graphique. Ce que nombre de gens ignorent c’est que son talent nous l’avons tous vu (ceux de plus de 50 ans) qui sur une station- service, qui sur un mur peint, puisqu’il était le jeune co-créateur en 1966 du premier logo Elf, même si certains se sont attribué la paternité en l’oubliant.

Tous les modélistes ferroviaires ont également vu son nom dans la régie publicitaire de Loco Revue à partir d’un soir lors du salon du Modèle réduit du CNIT, ou Alain Pras nous avait entrainé avec Lucien Fournereau et quelques autres chez Yorgos, un restaurant grec de la rue de l’université, et où sur un coin de table Fournereau lui avait proposé et cela durera 15 ans de gérer la pub de la revue. Il créera aussi les notices, les emballages des modèles de MKD, de Liberon Modélisme, etc. Il a été également très actif dans la création du Rambolitrain, et c’est là qu’il a un coup de foudre. Lui le célibataire endurci épouse Margarida et à la retraite tous les deux partent sur les terres de Margarida au Portugal à Vila Nova de Sao Bento ou il achètera une maison avec un patio pour y loger sa précieuse 202 qui fera le trajet de France.

Il a emporté de France avec lui ses précieux ordinateurs Mac et c’est là que sous les toits, qu’il installera son atelier maquettes, un atelier photo de pro doté entre autre d’une chambre à décentrement qui expliquait l’immense réalisme de ses photos, son bureau et ce qui lui permettait d’être en contact visio avec ses nombreux amis modélistes. Il créera de nombreux modèles. Ensemble nous réaliserons une automotrice Sentinel en 0, les Corpet Louvet en 0e, et la fameuse 111 du PO en H0, destinée à tracter le train impérial du PO, dont nous présenterons la version de Sébastien Pajot lors d’EuroModel’s 2024. Il se spécialise dans les dioramas dont le fameux Musée ferroviaire Régional qui sur 1.40 m lui permettait de mettre en scène ses nombreuses créations. Il deviendra un expert en dessins numériques, passera du laiton au maillechort (plus rigide à épaisseur égale) et ses planches éditées par Exella étaient d’une très grande qualité d’assemblage.

Au Portugal, il deviendra très rapidement un expert en matériel des CP aidé en cela par David Nobre : (souvenez-vous de sa réalisation Luzianes présentée à EuroModel’s 2012) Ces deux-là vont avoir une complémentarité portugaise exceptionnelle, qui a fait bondir en qualité en quelques années le modélisme ferroviaire lusitanien et fédérer quelques artisans locaux. Et ses chefs d’œuvre toujours en HO, la collaboration avec Sébastien Pajot pour la création des trains impériaux de Napoléon III, celui du PO ou j’aurais «l’honneur» de me joindre à ce team pour la motorisation de la 111, nous y formerons les Mousquetaires du PO, dont il était évidemment D’Artagnan le leader. Et puis les trains impériaux du PLM et de l’Est, ce dernier restera tristement inachevé, sans ses décalcomanies (qu’il avait fait réaliser en Allemagne).

Sébastien et moi restons orphelins de notre grand ami, et beaucoup de modélistes ferroviaires sans doute également, tant ses travaux publiés sur les réseaux sociaux étaient appréciés, il suffit de voir les réactions à sa disparition pour comprendre que le modélisme ferroviaire est aujourd’hui orphelin d’un de ses plus immenses talents. Moi j’y perds un ami très, très proche.

Jean Louis Audigué


Jacques Bouvert, Jacques Delevoye et Michel Subrenat-Auger, bureau de la FFMF en 1982
Corpet Louvet JLA en H0m, création de Michel

Train impérial Est





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