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mercredi 2 décembre 2015

Et le « vrai » chemin de fer dans tout ça ?



Phase 1 du projet « De la découverte au rêve »/ Etape 4


Un rapide sondage auprès des élèves de l’ULIS m’a permis de savoir que plusieurs élèves n’avaient jamais pris le train et que d’autres en ont une image très floue même si  Amélie nous raconte en long et en large le voyage scolaire en train avec son ancienne école et Seyma ses déplacements avec les jolis trams de Montpellier. Si on veut faire du modélisme, il va falloir rencontrer et observer la réalité ; la « vraie vie » comme je leur dis souvent. Il est temps de préparer notre voyage en train !




L’expédition ferroviaire sera brève mais bien remplie. Un aller-retour à la journée entre Béziers et Bédarieux, tronçon sud de la célèbre ligne des Causses (Béziers-Neussargues-Clermont-Ferrand). J’ai presque vidé le présentoir des fichets horaires de la ligne et nous voilà avec une belle leçon sur la mesure du temps : « sachant qu’il faut 20 minutes pour aller à pied à la gare, quel train pouvons-vous prendre… » ! Un fichet horaire n’est rien de plus qu’un tableau à double entrée. Complexe, certes… La trame horaire n’est pas bien large : l’Intercités pour l’aller et un TER au retour. Certains élèves ont vu la publicité pour les TER à 1 € et ont du mal à comprendre que ce tarif n’est pas valable pour tous les trains. Je distribue le document d’information et d’autorisation aux familles, chacun ramène au plus vite la signature-sésame et la somme demandée.

Lundi matin, jour du grand voyage ! La « descente » de l’école à la gare se fait au pas de course. Nous achetons les billets au distributeur, les glissons dans le composteur, lisons le tableau d’affichage des départs. Sur le quai, je suis déçu : le bel autorail X 73500 Languedoc-Roussillon est aujourd’hui remplacé par une Z2 taguée. Je pensais apporter ensuite en classe le modèle Jouef, c’est raté. Photo souvenir, embarquement. Ceux qui prennent le train pour la première fois cherchent les ceintures de sécurité. Je m’éclipse pour discuter avec le conducteur. Il est OK mais après le départ. Chut ! Surprise… L’automotrice s’élance, les élèves reconnaissent les différents centres commerciaux que nous longeons puis nous sommes dans les vignes. Peu à peu la ligne change, c’est presque la montagne. 

Le contrôleur vient chercher les élèves : deux par deux, ils vont passer quelques minutes dans la cabine de conduite avec beaucoup de questions. Est-ce facile d’apprendre à conduire des trains ? A quoi servent le « volant » et tous les boutons ?... Mais sur cette ligne aux nombreux tunnels et passages non gardés, le sifflet est sollicité. Aujourd’hui, les coups de sifflet ne seront pas tous réglementaires ! 
 

En gare de Bédarieux et une fois la Z2 repartie, nous observons notre environnement : la voie et ses composantes (grosse interrogation sur ces gros câbles qui sont boulonnés au rail), la marquise, la signalétique, les différents bureaux. Discussion avec l’agent commercial qui explique son travail. Nous pouvons enfin nous échapper dans la campagne toute proche : nous devons faire une récolte de branchettes pour les arbres de notre futur réseau ! Retour à la gare pour observer un train de travaux : un couvert (le même que notre modèle réduit), un wagon-bungalow et un drôle d’engin, une régaleuse ! Les questions sont toujours nombreuses : le ballast les étonne, les signaux aussi (ils remarquent que le rouge et le vert n’ont pas la même teinte que les feux routiers), la caténaire se doit d’être expliquée. Le voyage retour sera bien plus calme. La fatigue…

Question attendue de Seyma : «pourquoi on a inventé le train ? ».  Elle a trouvé elle-même la première des réponses possibles : il a été inventé avant les camions et les voitures. Avec notre ovale de voie HO, un wagon et une pichenette, je leur ai fait deviner la deuxième réponse : les frottements limités d’une roue « en fer » sur des rails « en fer » (que l’on a comparé, de manière totalement empirique je l’avoue, avec une voiture miniature roulant sur une table). Saurez-vous, comme eux, trouver la troisième réponse possible ?

Conséquence inattendue de cette journée : nous allons un après-midi par semaine sur un stade longé par la ligne « Transversale Sud » entre Béziers et Narbonne. Nos activités sportives doivent dorénavant se plier à de nombreux arrêts de jeu pour observer le passage des trains qui se succèdent à distance de block : TGV, TER, Intercités, longues rames Fret de différents opérateurs et même trains jaunes de l’Infra !

1 commentaire:

Christophe Franchini a dit…

Bravo pour ces témoignages rafraîchissants. Ma fille de 8 ans me pose le même genre de questions..; et il faut noter que de nombreux adultes ne connaissent absolument pas comment fonctionne le chemin de fer... mais alors pas du tout ! Ah lala, toute une éducation à refaire ! Merci !

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